{"id":800,"date":"2026-04-22T14:35:50","date_gmt":"2026-04-22T14:35:50","guid":{"rendered":"https:\/\/uat.consulatlibanmarseille.com\/?page_id=800"},"modified":"2026-07-29T14:41:16","modified_gmt":"2026-07-29T14:41:16","slug":"beyrouth","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/uat.consulatlibanmarseille.com\/ar\/le-liban\/beyrouth\/","title":{"rendered":"\u0628\u064a\u0631\u0648\u062a"},"content":{"rendered":"<div  class=\"page-section-content section page-section-6a6f417686838\"   ><div class=\"page-section\"><div class=\"ok-row\"><div  class=\"ok-xsd-12 page-section-6a6f417686cf5   ok-md-12\"   ><div class=\"page-section\" ><div class=\"dimacoltable page-section\"><div class=\"dimacell\">\n\t<div class=\"wpb_raw_code wpb_content_element wpb_raw_html\" >\n\t\t<div class=\"wpb_wrapper\">\n\t\t\t<style>\n  .beyrouth-essay{\n    --red:#6d0a0a;\n    --red-bright:#8b0000;\n    --ink:#3a3a3a;\n    --muted:#6b6b6b;\n    font-family:'Lato','Helvetica Neue',Helvetica,sans-serif;\n    color:var(--ink);\n    line-height:1.9;\n    font-size:16px;\n    max-width:1000px;\n    margin:0 auto;\n    padding:20px 0 40px;\n  }\n  .beyrouth-essay *{box-sizing:border-box;}\n\n  \/* header *\/\n  .beyrouth-essay .be-header{text-align:center;margin-bottom:20px;}\n  .beyrouth-essay .be-kicker{\n    font-size:.8rem;letter-spacing:.28em;text-transform:uppercase;\n    color:var(--red-bright);font-weight:700;\n  }\n  .beyrouth-essay h1.be-title{\n    font-family:'Playfair Display',Georgia,serif;\n    font-size:2.6rem;font-weight:600;color:var(--red);\n    margin:14px 0 8px;line-height:1.2;\n  }\n  .beyrouth-essay .be-divider{\n    height:2px;background:var(--red);width:80px;margin:24px auto 0;\n  }\n\n  \/* constitution quote *\/\n  .beyrouth-essay .be-charter{\n    text-align:center;font-family:'Playfair Display',Georgia,serif;font-style:italic;\n    font-size:1.15rem;color:var(--red);margin:40px auto 46px;max-width:720px;line-height:1.7;\n  }\n  .beyrouth-essay .be-charter span{\n    display:block;font-style:normal;font-size:.95rem;color:var(--muted);\n    margin-bottom:10px;font-family:'Lato',sans-serif;\n  }\n\n  \/* body *\/\n  .beyrouth-essay p{margin:0 0 22px;text-align:justify;}\n  .beyrouth-essay .be-lead::first-letter{\n    font-family:'Playfair Display',Georgia,serif;font-size:3.6rem;line-height:.8;\n    float:left;color:var(--red);padding:6px 10px 0 0;font-weight:600;\n  }\n\n  \/* poem pull-quote *\/\n  .beyrouth-essay blockquote{\n    font-family:'Playfair Display',Georgia,serif;font-style:italic;font-size:1.25rem;\n    color:var(--red);text-align:center;line-height:1.7;margin:38px auto;\n    padding:8px 20px;max-width:720px;border:none;\n  }\n\n  \/* closing *\/\n  .beyrouth-essay .be-closing{\n    margin-top:40px;padding-top:26px;border-top:1px solid #e3cccc;text-align:center;\n  }\n  .beyrouth-essay .be-closing p{\n    text-align:center;font-family:'Playfair Display',Georgia,serif;\n    font-size:1.05rem;color:var(--red);margin-bottom:8px;\n  }\n  .beyrouth-essay .be-closing p.be-peace{font-size:.9rem;font-style:italic;color:var(--muted);}\n\n  \/* footnotes *\/\n  .beyrouth-essay .be-footnotes{\n    margin-top:56px;padding-top:20px;border-top:1px solid #ddd;\n    font-size:.82rem;color:var(--muted);line-height:1.6;\n  }\n  .beyrouth-essay .be-footnotes p{text-align:left;margin-bottom:10px;}\n  .beyrouth-essay .be-footnotes .be-refs-title{\n    font-family:'Lato',sans-serif;font-size:.72rem;letter-spacing:.18em;text-transform:uppercase;\n    color:var(--red);font-weight:700;margin-bottom:12px;\n  }\n  .beyrouth-essay sup{color:var(--red-bright);font-weight:700;}\n  .beyrouth-essay em{font-style:italic;}\n\n  \/* four-factors bullet list *\/\n  .beyrouth-essay .be-factors{\n    margin:0 0 22px;padding-left:1.4em;list-style:none;\n  }\n  .beyrouth-essay .be-factors li{\n    position:relative;text-align:justify;margin-bottom:20px;padding-left:1.1em;\n  }\n  .beyrouth-essay .be-factors li::before{\n    content:\"\";position:absolute;left:0;top:.72em;\n    width:7px;height:7px;background:var(--red);border-radius:50%;\n  }\n\n  @media (max-width:600px){\n    .beyrouth-essay{font-size:15px;}\n    .beyrouth-essay h1.be-title{font-size:2rem;}\n    .beyrouth-essay blockquote{font-size:1.1rem;}\n  }\n<\/style>\n\n<div class=\"beyrouth-essay\">\n\n  <div class=\"be-header\">\n    <div class=\"be-kicker\">Le Liban &middot; Beyrouth<\/div>\n    <h1 class=\"be-title\">Beyrouth, mille fois rev\u00e9cue<\/h1>\n    <div class=\"be-divider\"><\/div>\n  <\/div>\n\n  <div class=\"be-charter\">\n    <span>L'article 4 de la constitution de la R\u00e9publique Libanaise dispose :<\/span>\n    \u00ab Le Grand Liban est une R\u00e9publique. Beyrouth est sa capitale. \u00bb\n  <\/div>\n\n  <p class=\"be-lead\">Cette cons\u00e9cration de Beyrouth comme capitale de la R\u00e9publique Libanaise, le 23 mai 1926, \u00e9tait la cons\u00e9quence naturelle du d\u00e9veloppement portuaire de cette ville depuis plus de deux si\u00e8cles. Ancienne possession des Emirs druzes de la Montagne, du Maanide Fakhreddine II notamment, elle avait \u00e9t\u00e9, en 1888, d\u00e9tach\u00e9e du vilayet de Syrie pour constituer le chef-lieu du vilayet de Beyrouth dont le territoire comprenait, au sud, les sandjaks de Beyrouth (avec les cazas de Sa\u00efda (Sidon), de Sour (Tyr) de Marjayoun, de Akka (Acre) et de Balqa' (Naplouse ou Nablos) et, au nord, de Tripoli et de Lattaqui\u00e9, chacun d'eux divis\u00e9s en cazas et mudiriehs.<sup>1<\/sup><\/p>\n\n  <p>En 1979, la po\u00e9tesse libanaise, Nadia Tu\u00e9ni d\u00e9die un po\u00e8me d'amour adress\u00e9 \u00e0 Beyrouth, et qui s'inspire du destin de cette capitale :<\/p>\n\n  <blockquote>\u00ab Qu'elle soit courtisane, \u00e9rudite ou d\u00e9vote, p\u00e9ninsule des bruits, des couleurs et de l'or, ville marchande et rose, voguant comme une flotte, qui cherche \u00e0 l'horizon la tendresse d'un port, elle est mille fois morte, mille fois rev\u00e9cue. \u00bb<\/blockquote>\n\n  <p>Depuis l'explosion du port de Beyrouth le 4 ao\u00fbt, 2020, ce po\u00e8me r\u00e9sonne comme une v\u00e9rit\u00e9 indicible de ce qu'il y a de vrai, de beau et de tragique dans cette ville que l'histoire continue d'\u00e9branler par ses battements souterrains. De ces battements Beyrouth sort toujours plus acharn\u00e9e \u00e0 d\u00e9fendre son esprit cosmopolite, le dernier dans la r\u00e9gion. Cet esprit est \u00e9galement marqu\u00e9 par son patrimoine architectural qui offre \u00e0 l'humanit\u00e9 une esth\u00e9tique intemporelle, et qui s'approprie le meilleur des diff\u00e9rentes \u00e9poques qui se sont succ\u00e9d\u00e9. La liste de ce patrimoine est longue. Nous retenons, non sans difficult\u00e9, vu l'abondance de ce patrimoine et de sa richesse, \"Le Grand Th\u00e9\u00e2tre des Mille et Une Nuits\", populairement d\u00e9sign\u00e9 par <em>Teatro el Kabir<\/em>, qui est con\u00e7u dans les ann\u00e9es 1920 par l'architecte Youssef Aftimos, \u00e0 qui l'on doit plusieurs r\u00e9alisations majeures de la capitale, notamment la municipalit\u00e9 de Beyrouth et l'horloge du Grand-S\u00e9rail. A mi-chemin entre architecture orientaliste et v\u00e9nitienne, n'ayant rien \u00e0 envier aux op\u00e9ras de Moscou ou de Paris, le <em>Teatro el Kabir<\/em> fut inaugur\u00e9 en 1929, et ses planches ont vu d\u00e9filer toute la sc\u00e8ne artistique de l'\u00e9poque. En 1946, la Com\u00e9die fran\u00e7aise y joue ses plus grandes pi\u00e8ces. Tout le monde se h\u00e2te pour assister aux repr\u00e9sentations des Mal-aim\u00e9s de Mauriac, du Tartuffe et du Don Juan de Moli\u00e8re et encore du Cyrano de Rostand. Bien \u00e9videmment, on y admirait les plus grandes stars arabes de l'\u00e9poque, Mohamed Abd El Wahab ou encore Oum Kalthoum, rien que pour entendre son <em>Enta Omri<\/em> raisonner dans cette salle \u00e0 l'acoustique exceptionnelle. Aujourd'hui, un projet de restauration est en cours de r\u00e9alisation gr\u00e2ce \u00e0 l'engagement du minist\u00e8re de la Culture et de l'UNESCO.<\/p>\n\n  <p>Accabl\u00e9 d'histoire, Beyrouth demeure le symbole d'une histoire mill\u00e9naire et d'une identit\u00e9 cosmopolite, et par cons\u00e9quent d'une v\u00e9rit\u00e9 s\u00e9culaire qui puise sa force dans la lueur d'espoir qu'offre \u00e0 l'Homme libre le droit et la justice. Baptis\u00e9e par Justinien \u00ab nourrici\u00e8re des lois \u00bb, l'\u00c9cole de droit de Beyrouth (B\u00e9ryte) (Vers 200 AP. JC) abrita, trois si\u00e8cles et demi durant \u2013 long\u00e9vit\u00e9 record pour l'\u00e9poque, jusqu'au terrible tremblement de terre en 551 o\u00f9 30 000 Beyrouthins p\u00e9rissent dans des conditions tragiques \u2013 une pl\u00e9iade de professeurs dont l'\u0153uvre a marqu\u00e9 les compilations de Justinien sans lesquelles, comme le note le professeur Maillet, \u00ab les droits modernes seraient nettement diff\u00e9rents de ce qu'ils sont \u00bb. Une question s'impose : pourquoi Beyrouth fut choisi parmi toutes les villes de la m\u00e9diterran\u00e9e comme le berceau d'une des plus illustres facult\u00e9s de droit de l'\u00e9poque romaine, d'o\u00f9 d'ailleurs toute la jurisprudence romaine est issue, et comme centre de d\u00e9p\u00f4t des constitutions imp\u00e9riales ?<\/p>\n\n  <p>A cette question, M. Emile Bejjani, ancien membre du Conseil constitutionnel Libanais, avance des arguments tr\u00e8s pertinents<sup>2<\/sup>, qui sont d'ailleurs toujours d'actualit\u00e9, apr\u00e8s presque deux mille ans. Nous en retenons principalement les quatre facteurs suivants :<\/p>\n\n  <ul class=\"be-factors\">\n    <li>Les langues (un plurilinguisme prononc\u00e9 ; mais principalement le latin et le grec, vient ensuite les langues anciennes comme l'aram\u00e9en, le syriaque ou le copte\u2026 l'emplacement de Beyrouth en tant que carrefour et lieu de passage des id\u00e9es et des choses : entre Nahr el-Kalb et la plaine de Damour, prot\u00e9g\u00e9e par le cap de Ras Beyrouth et sa c\u00f4te taill\u00e9e en dentelles se situent la ville et son port reconnu \u00ab porte de l'Orient \u00bb ;<\/li>\n\n    <li>La qualit\u00e9 et le niveau de l'enseignement prodigu\u00e9 \u00e0 Beyrouth qui attiraient des \u00e9tudiants de tous les coins du monde, de l'Europe \u00e0 l'Afrique et l'Asie Mineure. Les lettres de Libanius, rh\u00e9teur dirigeant une \u00e9cole d'\u00e9loquence \u00e0 Antioche, pullulent de recommandations en faveur d'\u00e9tudiants d\u00e9sireux d'\u00e9tudier le droit \u00e0 Beyrouth : Suivre des \u00e9tudes de droit \u00e0 Beyrouth \u00e9tait chose tellement enviable qu'il a fallu, un jour, l'intervention de l'empereur et un rescrit imp\u00e9rial \u00e0 fin d'exempter des \u00e9tudiants de Petra, avanc\u00e9s en \u00e2ge et passionn\u00e9s de droit, de la limite d'\u00e2ge, selon les r\u00e8glements fort rigoureux de l'\u00c9cole.<\/li>\n\n    <li>La science au niveau de la technique juridique mais aussi la ligne de conduite et l'id\u00e9e morale expliquent le prestige, la hauteur de pens\u00e9e et la renomm\u00e9e mondiale de leur \u00e9cole. Les \u00e9tudiants \u00e9taient initi\u00e9s \u00e0 la r\u00e9flexion philosophique (philosophie politique, philosophie du droit et philosophie morale notamment). Le but \u00e9tait de les faire r\u00e9fl\u00e9chir sur l'exp\u00e9rience du droit et de l'\u00c9tat dans les soci\u00e9t\u00e9s humaines et les pr\u00e9parer \u00e0 affronter les grandes questions morales et politiques : Ulpien, ath\u00e9e, envisageait la mission du jurisconsulte comme un \u00ab sacerdoce \u00bb. \u00ab Nous cultivons la justice, \u00e9crit-il, nous professons la connaissance des r\u00e8gles de droit, s\u00e9parant l'\u00e9quitable de l'inique, le licite de l'illicite. \u00bb Une telle d\u00e9finition sonnait fort \u00e0 l'\u00e9poque, et continue de motiver les libres d'esprit, surtout \u00e0 cette \u00e9poque charni\u00e8re o\u00f9 la polarisation semble \u00eatre la boussole au lieu et place de la nuance.<\/li>\n\n    <li>L'id\u00e9e de libert\u00e9 qui souffle sur ce promontoire beyrouthin depuis l'\u00e9poque romaine. Un professeur de Beyrouth n'\u00e9tait pas seulement un sage ou un habile et savant r\u00e9dacteur de textes et de dissertations juridiques. Esprit libre et solidement personnel, il poussait l'audace jusqu'\u00e0 braver la volont\u00e9 imp\u00e9riale. Cette passion pour la libert\u00e9 a fait de Beyrouth, tout au long de l'histoire, le foyer de pr\u00e9dilection de propagation des id\u00e9es, les plus audacieuses, et rend justice \u00e0 cet adage tant r\u00e9pandu : \u00ab Le Caire \u00e9crit, Beyrouth \u00e9dite et Bagdad lit \u00bb, dit-on chez les intellectuels du monde arabe depuis la <em>Nahda<\/em> jusqu'\u00e0 la fin des ann\u00e9es 70 du dernier si\u00e8cle.<\/li>\n  <\/ul>\n\n  <p>Cette pr\u00e9pond\u00e9rance intellectuelle de Beyrouth depuis l'\u00e9poque romaine jusqu'\u00e0 aujourd'hui t\u00e9moigne de l'h\u00e9ritage du capital humain de cette cit\u00e9 dans le d\u00e9veloppement de l'identit\u00e9 libanaise et levantine : Hamra, Ashrafieh, Ras el nabeh, Basta, Dar el Fatwa, Verdun, Raouch\u00e9, Ain el Mreiss\u00e9, Kantari, Cl\u00e9menceau, Patriarcat, Gemmayz\u00e9, Mar Nicolas, Nasra, Badaro, plus loin, les banlieues de Dora, Bourj Hammoud, Sin el Fil, Furn el Chebak, Ouzai, et Khald\u00e9\u2026 tout un paysage aux couleurs des Mille et Une Nuits, qui ne cessent de fasciner.<\/p>\n\n  <div class=\"be-closing\">\n    <p>Beyrouth, mille fois morte, mille fois rev\u00e9cue, vaincra.<\/p>\n    <p class=\"be-peace\">Paix \u00e0 toutes les victimes tomb\u00e9es au th\u00e9\u00e2tre de cette cit\u00e9-patrimoine mondiale.<\/p>\n  <\/div>\n\n  <div class=\"be-footnotes\">\n    <p class=\"be-refs-title\">R\u00e9f\u00e9rences<\/p>\n    <p><sup>1<\/sup> Edmond RABBATH, <em>La constitution Libanaise, Origines, Textes et Commentaires<\/em>, Beyrouth : Publications de l'Universit\u00e9 Libanaise (Librairie Orientale), 1982, p.76.<\/p>\n    <p><sup>2<\/sup> Emile BEJJANI, <em>L'Ecole de droit de B\u00e9ryte, pourquoi ?<\/em>, dans L'Orient-Le Jour, du 6 janvier 2011.<\/p>\n  <\/div>\n\n<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t<\/div>\n<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le Liban &middot; Beyrouth Beyrouth, mille fois rev\u00e9cue L'article 4 de la constitution de la R\u00e9publique Libanaise dispose : \u00ab Le Grand Liban est une R\u00e9publique. 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